un peu d’Alain, ça faisait longtemps!

J’étais chez lui, sur son canapé rouge plein de poils de chats, la première fois que je l’ai vraiment écouté. Oh bien sur je connaissais les classiques, mais c’est lui qui m’a assise sur ce canapé rouge, m’a installée dans sa vie, dans son univers où Bashung était au panthéon des belles choses qu’il gardait proches de lui. La voix grave et douce de l’un m’a fait découvrir la voix grave et douce de l’autre.  Il m’a apprivoisée, cela a pris du temps comme pour toutes les choses que j’aime passionnément. C’est entré dans mon panthéon à moi aussi.

J’étais à la campagne quand j’ai su que sa belle voix grave n’existerait plus qu’enregistrée. Je l’ai écouté et j’ai pleuré à chaque fois que « sur un trapèze » passait.
Aujourd’hui j’ai entendue celle-ci, une des vraies dernières. Il a sa dernière voix, sa voix d’homme apaisé, droit, qui semble me parvenir depuis un ciel quelque part. Je l’écoute comme une berceuse qui ne serait que pour les gens qui l’aimaient pour de vrai, pour leur refaire du bien, un temps. C’est étonnant, perturbant quand des choses impalpables nous secouent autant. Cette voix me flingue, voilà, son regard sa droiture sa dignité. Un homme, beau. Je mets play et je m’attend à quelque chose comme l’album de reprises, quelque chose qui me ferait sourire et me donnerait surtout envie de réécouter les « vraies » chansons de Bashung. Je prend une douce mais franche claque.  Je le réentend alors que je ne pouvais rien attendre d’autres que de redécouvrir à différents âges celles que j’aime déjà tant, ou enfin aimer et me réaprocher de celles que je n’aime pas tant. Je le réentend, sa voix existe encore, il est là dans mes oreilles, c’est irréel et je ne pleure pas mais presque.

Il chante Gainsbourg et appuie sur ma tendresse pour les gueules cassées, les anciens durs, les tendres silencieux, les amoureux fous à peau rugueuse. J’aime les Gainsbourg, les Bertrand Cantat, les Leonard Cohen, les Miossec, les Bashung. J’aime les pas-lisses qui regardent les femmes comme des mystères, ceux qui ont une voix trop pleine de toutes les émotions du monde, qu’ils distillent dans des mots choisis, des sons des syllabes rondes ou tranchées, qu’ils te jettent comme des bouées ou des roses épineuses.
Il m’a envoyé la nouvelle Marilou, lui avec sa gueule de lui.
9 minutes de bonheur.

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