elle

elle est arrivée de son pays vert, où les vents sont sûrement de toutes les couleurs
les bougies se sont mises à pousser comme des champignons dans ma maison
je goûte à nouveau les oranges et le pain, je dis merci
des racines arc-en-ciel apparaissent dans ma tête et je la vois calme et droite
souriante. ce sourire trop grand pour un seul visage.

elle envoie ses rayons par delà les avions et les mers
elle dit « ma petite soeur », elle me voit ouvrir des ailes tandis qu’en ce moment,
il en est un que j’appelle « aigle » et qui dit « lionne »
elle a fait pousser les bougies, les mercis, les larmes bienfaitrices,
la chaleur dans tout le corps, des arbres entre mes draps,
une pierre contre mon coeur.

elle a semé des livres et des mots,
son rire ancré dans mes oreilles, dauphin
des envies de terre, de primaire, de nature à la maison
la danse et Madeleine, la danse la danse elle danse tout le temps
dans toutes ses phrases, elle danse et je la revoit sautillante tendant ses bras vers le ciel en riant.
je la revoit assise en tailleur dans sa tenue de masseuse, mes yeux sont clos et ses bras dansent au dessus de moi, sur moi, mon chaman. Deux fois, la musique commence et juste ses doigts dans mes cheveux me font pleurer, déposer. la magie opère et sombre s’éclaircit. Comme si c’étaient toutes les femmes ancestrales de l’univers qui venaient me coiffer et me bercer.

elle a éclaboussé la confiance, de ses prédictions, de ses regards francs
petit soleil
elle est venue de loin, et elle repart si proche

j’avais paré ce corps dont elle s’est tant occupé en me demandant quoi mettre, quoi faire pour cette fête que nous lui donnions.  je suis retournée à l’essentiel: la robe de Virginie, la robe seconde peau qui a été sa seconde peau à elle aussi, la grande amie.
on a donc fêté tout ça, avec la tribu. on a massé tout ça dans notre temple à nous.
on se dit « connection » et on parle aussi de téléphone et d’internet, de courrier petit pour commencer.

elle a vu que l’homme n’était pas loin, et m’a dit surtout de ne pas abandonner ses rêves.
elle est venue et doucement a posé ses mains sur mon corps, lui a dit bonjour
elle a pris soin des douleurs qui ne s’arrêtaient pas de pleurer, a proposé les rituels
dont je n’ai même pas eu besoin, finalement
elle a soufflé sur les peaux rougies, y a mis un baûme de bienveillance et d’amour
et c’était guéri.
elle m’a appris à m’en aller en paix, sans chercher à tout retenir

demain, il y aura des larmes, on pleurera en se serrant
on parlera de son paradis, de dates peut-être. on se dira qu’on s’aime pour toute la vie
demain je n’emmenerai pas mon appareil photo
je n’essayerai pas de tout retenir, de créer le moment parfait et ne pas le vivre
demain je n’essayerai pas de la retenir, un ami m’emmènera quand suffisament de mots auront été dit, de larmes versées, de regards partagés.

demain elle s’envole mais reste là

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One Comment to “elle”

  1. …..Je crois savoir qu’elle vient et retourne en Colombie.
    Alors, c’est le temps de rendre honneur au grand écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez et lire, si tu ne l’as déjà fait, « Cent ans de solitude » : le joyau des joyaux !!!

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