des draps de lin

des draps rêches, qui claquaient violemment dans des bourrasques de vent. Ils ont été jetés au grès des rafales sur mes meubles, ont fait hurler les fenêtres et les portes, m’ont giflée le visage. J’avais l’impression de ne plus y voir, je battais des bras pour sortir de ce chaos, revoir une lumière qui ne soit ni aveuglante ni clignotante ni noire. Je me débattais, et une fois la dernière baffe jetée, la plus cuisante, le vent s’est brusquement levé. Le vent s’est levé et j’ai aussi sec cessé de n’être moi aussi que le vent que je déplace. Je reprends mes matières, mes chairs, ma voix à pleine main et me réunis, merci. Et toi, fille, regarde-moi, vois-moi. Refuse le furtif des mains ou des yeux, refuse le refus des peurs. Ces douces peurs que l’ont devrait chérir tant elles nous montrent ce que l’on a a perdre. Regarde-moi bien en face et souviens-t’en car on m’a trop aimée et décortiquée pour que je ne puisse être aimée qu’un peu. Ils ont tout aimé et soulevé, ils ont bien ancré leur regards à eux sur moi dans mes miroirs de poche, pour les matins décoiffés, pas démaquillés, brouillés. Etre aimée, sous conditions, et puis quoi? Plus tard, sous option.

Les draps rêches flottent loin derrière, pavant le chemin qu’il me serait resté à parcourir si j’avais voulu être ce qu’on attendait de moi. Des claques amidonnées tous les combien?

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