Damasio, damasio…

Il est rare que je recopie des passages de livres. Mais il est encore plus rare que j’y trouve une idée qui macère dans ma petite tête depuis longtemps sans savoir la formuler. Il est rare de trouver des bouquins qui amènent des réponses. Merci à qui me l’a offert. Je me rapelle d’un article où je disais mon besoin de retenir, d’écrire, besoin de capture. Maîtrise des évènements passé, je ne sais pas. Et surtout la difficulté de laisser les situations se passer sans vouloir en faire des choses, il faut parfois m’arracher mon appareil photo. J’ai des listes qui s’accumulent, des tirets, des guillemets, des touts et des riens à ne pas oublier, à tous prix.

Alors ce passage me rassure, et me fait penser que tout est déja inscrit, qu’écrire n’est qu’un outil, que ce que je ne peux pas écrire dans 10 ans n’a peut-être été que du vent.

« _Orpailler, oui,  un de mes maîtres mots. Orpailler et retenir en soi. Se constituer un monde du dedans. Une mémoire.

-C’est ça qui reste le plus difficile pour moi. Je me sens parfois comme un perleur dans un village de montagne. J’essaie de mettre ma conscience en travers de la brume qui passe, comme eux leur grillage de fer. Je prie pour que des gouttes d’eau se forment sur le métal et après j’essaie de secouer la grille, doucement, afin que ça glisse sur le chéneau. Je voudraient condenser ces moments qui bruinent, conserver – tout en restant disponible à ce qui arrive – ne cesse d’arriver. J’ai du mal à faire circuler la vie en moi sans qu’elle s’échappe, par le trou de l’oreille…

_Elle ne s’échappe pas, rien ne s’échappe en fait. Tu possèdes à chaque instant la totalité de ton passé, il s’accumule et se recompacte en permacence. Sinon tu serais fou. Ta vision de la mémoire est contaminée par le sens commun, troubadour. La mémoire n’est pas une faculté qui pourrait ou non s’exercer. Nous retenons tout, absolument tout. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à l’oubli.

_ Justement! J’oublie tout!

_On ne se refait pas, troubadour…

_Non! Mais on se fait!

_ Je dirais surtout qu’on se fuit. On ne se fait qu’en se fuyant. Et c’est l’oubli qui permet et opère cette fuite. L’oubli actif de cette mémoire inexorable qui nous fait. Il faut apprendre à décamper. »

et une petite gravure sur les femmes animales, un portrait de ma douce Adélaide.

Et Johnny aussi, ça ne déçoit jamais et c’est, à mon sens, la plus belle.

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2 commentaires to “Damasio, damasio…”

  1. Mais ! où est passé le bandeau de l’agudeza ? je ne le vois plus !

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