des touts et des riens d’après-midi

mettre mes pieds dans l’Espignole avec Edmond, voir mon maillot de bain sécher à travers les jalousies, et aller boire un verre de vin blanc pétillant de Villars avec un livre d’été. s’étonner qu’un dessin ou un texte prenne du sens, sans qu’on l’ est vraiment cherché. caresser les joues pas rasées des hommes quand j’en suis amoureuse. voir au travers de leur demi-mots, qu’ils tendent tels des perches, ce qu’ils sont sur le point d’oser découvrir d’eux-même. la couleur du ciel qui m’apparaît comme une surprise tous les matins, tôt et rose, en ce moment. les roulés-boulés de Lilith qui est vraiment une fille, aime se faire remarquer. ma nièce que je vais voir marcher. la grande que je vais voir plus grande et plus presque femme. le neveu que je vais voir devenir un petit quelqu’un. l’immobilité que j’essaye de tenir lorqu’une pie se pose sur le velux au-dessus de ma tête. les peaux des femmes qui s’épurent quand vient l’été et qu’elles cessent de se farder. des mots qui s’aiment. toutes mes vieilleries, de mes grands-mères, de parfaits inconnus. mettre des robes immettables que je conserve comme un musée tel un collectionneur de tableau boirait un verre de vin avec la Joconde. plonger frissonnante dans un bain en pleine nuit avec des bougies. frémir sur mes tubes de toujours, du requiem de Mozart, en passant par Bashung, Noir Désir ou Dylan. capter les belles lumières, les recevoir, les capturer, les exposer ou juste les vivre. apercevoir au loin le temps que je pourrai m’octroyer à finir les 20 livres commencés et jamais finis de cette année. aller nager avec ma mère à la mer. ma mère à la mer = deux mots qui s’aiment et se comprennent. Ecrire ce que Tali m’apprend scrupuleusement avec un thé à la menthe tous les mardis dans le chahut naissant du Verschueren. changer mes draps et sentir le rêche devenir doux. avoir encore des endroits à découvrir dans mon propre appartement. aller rire avec Macha à Paris lundi. Espérer y boire un jus de tomates avec Edmond, juste pour nous faire encore plus nous languir en pensant aux cigales de cet été. écouter la douce voix d’Adélaide se mettre à nue et me percer à jour. aller être une seule mais trois femmes différentes ce soir avec Inbal, Flavia et les autres. avoir un rendez-vous galant. avoir une nouvelle plante à la maison. Me demander comment diable je vais bien pouvoir illustrer cet article sans queue ni tête. un drap déjà trop lourd certaines nuits d’amour, après. le bruit de deux peaux.

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5 commentaires to “des touts et des riens d’après-midi”

  1. Doux, chaud et beau….

  2. Dans les ruisseaux de l’arrière-pays niçois, elle aura du mal à se tremper, la minette. Si je me souviens bien, ils sont toujours très frisquets. Mais, ça fait envie cette image…l’été arrive.

    • la minette t’enverra des photos prouvant qu’elle s’est effectivement baigné dans ces susdits ruisseaux!
      méditerranéenne certes, mais pas chochotte!

  3. Rien à voir avec cette image…mais bravo pour l’illustration du pigeon aux asperges !!! j’en frissonne encore.

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