faire de la place

à toi, fille

tu comprend mieux ce qui te constitue, tes bases et tes socles, là où ça flanche un peu, où ça rouille déjà, et là où c’est déjà du vrai solide.

tu arrives mieux à voir où rajouter un peu de ciment, où foutre des coups de masse. à chaque vent de mauvaise augure qui se lève, tu sais maintenant que ce n’est que l’annonce d’un pas de plus à franchir et qui te mèneras vers ce que tu nommeras comme tu voudras, tu sais bien, ce bleu doré qu’arbore le ciel les soirs après la pluie. En ce moment, il fait encore jour à 23h, et ce soir le ciel s’ouvrait au dessus de tes jambes nues allongées sur ta terrasse encore trempée. 

oui c’est vrai, le ciel était une perspective de nuages qui se doraient de plus en plus au soleil déjà couché. il me semblait en être le commencement, ce qu’on peut être narcissique à 23h! Letti au loin devait être fière de moi, c’est la première fois que la solitude m’enveloppe comme une maman et que je lui tend mes bras. Je ne suis plus heureuse quand, je suis heureuse maintenant, et comme dit Damasio: le cosmos est mon campement.

Comme tu le disais, chaque bouffée de mauvais vent n’est plus qu’un passage: je suis colère et je tempère, je cherche sur mes cartes au trésor le pourquoi du comment et je le trouve! Ce soir je me suis désencombrée des affaires de l’ancien amour. Il aura fallu deux ans pour comprendre que j’ai une vie entière pour m’acheter mes propres livres, ou les écrire pourquoi pas!

c’est bien, il aura fallu du temps, et pas tant que ça en même temps. tu n’arrives pas encore à parler calmement des drames sans mettre encore plus de drames dans tes phrases, mais du temps, il faut s’en accorder. C’est que tu as toujours ce marteau à la main dont tu te sers pour dire les mots comme autant de clous à planter, pour être sûre que l’ampleur a bien été vue et comprise. Mais elle n’appartient qu’à toi, cette ampleur. Tu peux l’agrandir et la rétrécir à loisir. Les moments de joie ne sont qu’à toi ainsi que les moments de peine.

En ce moment je garde comme un secret mes projets de vie, c’est comme une bougie qui me réchauffe planquée dans mon soutien gorge.

Garde toi bien au chaud, fille.

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