Archive for août, 2012

26 août 2012

Montagne.


Je suis partie dans les montagnes, la main d’Edmond qui tient la mienne pour m’aider à enjamber les ruisseaux, ou pour tenir mon pinceau. Le monde s’est arrêté aux portes de Villars, à la porte avec la petite médaille Jean Baudoin, dorée, du temps de son père. Ici, nul besoin de trop se parler, de trop planifier, on se contente de passer, et de faire. Veux-tu faire ceci? Veux-tu faire cela? Il me regarde au plus profond, et en deux battements de cils il a tout compris, en deux mots il répare tout. « ton sentiment d’être une merde est toujours tellement proche de ta certitude d’être quelqu’un d’immense » il dit que je dessine des ombres, je cache. alors.

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26 août 2012

Mer

je suis partie longtemps, j’ai été visité des cartes postales. La Mer, avec ma mère. La Mer, et mon père qui y plonge pour aller rejoindre les grands philosophes antiques, les penseurs comme lui. Mon père qui me dit qu’il ne faut pas un grand effort d’imagination, lorsqu’on se trouve au milieu des pins parasols, avec les vagues qui se brisent contre les récifs rouges de la côte pour se retrouver des siècles plus tôt, et que tout ça sera encore là bien après nous. La Mer, dans laquelle j’avance seule en pleine nuit. Je regarde au loin, juste deux tons de noir différents. Juste du sombre avec une encre plus matte que l’autre. Patti Smith chante dans mes oreilles « the sea, the possibility », je danse toute seule dans l’eau, la rumeur du village a disparu. J’ai peur, un peu, en m’enfonçant dans le noir de l’eau, sous le noir de la nuit. Ma peau est sèche, là-bas, je garde le sel et le sable le plus longtemps possible, mes cheveux sont de la paille blonde, je sèche et pourtant je deviens énorme. La Mer. Lorsque je la retrouve je pense « salut toi. » Laurier-fleur, eucalyptus, pins, thym, cigale. J’arrive, je viens de partout à la fois et pourtant je pense « maison ».

Je suis allée marcher dans la campagne avec ma mère, la nature est venue jusqu’à mes pieds. J’ai été dérangé les chevreuils, les chamois, cheveux ou sauterelles. On prend la route toutes les deux avec nos musiques dans les oreilles, sans climatisation mais juste cet air qui sent la lavande partout, chez nous.